
Sunday, May 16, 2010
Friday, April 23, 2010
Shambala
Green-blooded hobgoblin!

Je pourrais m'étendre sur la façon dont William Shatner à 25 ans dans sa tunique verte me fais fondre, sur combien mon coeur fait des bonds lorsque Spock arrive à l'écran. Ou sur combien le "subtext" me fais m'arracher mes cheveux.
Ah, Gene R. , si seulement vous étiez encore en vie, et non pas réduit en cendres, gravitant paisiblement dans le silence le plus complet autour de la Terre dans une station spatiale, nous pourrions en avoir le coeur net.
Parce que dire "captain" à voix haute est une trop grand joie pour moi en ce moment.
Et que mon obsession fait soupirer la populace.
Leonard McCoy est grognon, Chekov est adorable, Sulu est excellent, Uhura est merveilleuse, Chapel est attendrissante, forte etRand a la coiffure du siècle.
Non, sérieusement. Du siècle.
Et parce que Spock est "immunisé" contre les tribbles.
Star Trek... to boldly go where no man has gone before.
Point bare.
Je suis le dernier

La fin du monde à ma saveur.
Qu'est-ce que ça donne?
Les nuages lourds tombent du ciel.
On ne jure plus que par les Beatles
On regarde le soleil tourner une dernière fois
Et on implose.
-Audrey Tougas-Brière
&&&&
Je suis le dernier.
Le dernier… enfin, c'est ce que m'a dit l'Ombre avant de disparaitre.
Ouais, foutaises, tout ça, Si je suis le dernier, eh bien, je me reproduirai tout seul,voilà tout.
Non, je déconne.
En fait, je ne sais pas top pourquoi j'écris tout ça. Si je suis le dernier, qui me lira? Les autres sont tous Partis. Ou morts.
Entre les deux, franchement, je ne sais pas lequel je préfère.
Bon, alors, si il faut vraiment laisser ma trace dans ce monde pourri, je vais au moins commencer par le début. C'est de la dernière politesse, comme dirait Bernie.
Alors voilà: mon petit nom à moi c'est Hugo, mais tout le monde m'apellait Jim. Cherchez pas, moi non plus, j'ai pas trouvé. Il semblerait que je ressemble à un certain Jim qui serait né dans l'Iowa. Personnellement, j'ai jamais entendu parler d'une telle planète. Enfin bref. Pour ce qui est de mon nom de famille, ne me le demandez pas, je ne m'en souviens plus. Terrible, hen? Ouais, peut-être pas tant que ça.
Nous sommes en l'an… Deux mille quelque chose, ça fait trop longtemps, j'ai arrêté de compter. Si je le demande à Bernie, il vous le dira sûrement. Bernie, c'est mon seul compagnon: un robot déglingandé qui récite des paroles de chansons à répérition. Tiens le voilà justement. Comment tu fais pour savoir que Bernie est là? Ça sent la rouille et tu ne t'entends plus penser:
-BABY CAN YOU DIG YOUR MAN? HE'S A RIGHEOUS MAN! BABY CAN YOU DIG YOUR MAN?
-Bordel, Bernie, ferme-la.
Le problème avec Bernie, c'est son volume. Je l'ai brisé en lui en mettant une un jour, voilà deux ans je crois. Et, bon, j'ai un peu abimé son circuit interne. Maintenant, il parle d'une voix de crécelle rouillée et beaucoup,beaucoup trop fort.
-BONJOUR HUGO. BIEN DORMI?
-Comment tu veux que je le sache? Y'a pas de nuits, ici, rien que des matinées et des interminables après-midis.
-VOUS DEVEZ AVOIR RAISON, HUGO. VOUS AVEZ TOUJOURS RAISON.
-Ouais ouais, c'est ça.
Et le voilà qui retourne à ses occupations, fouillant de gestes méthodiques et tout sauf efficaces la montagne de rebuts qui jonchent cette planète X.
Tout à l'heure, j'ai un peu mentit: Bernie n'est pas mon seul compagnon: il y a l'Ombre aussi. Je ne sais pas vraiment comment il s'apelle, mais je l'ai baptisé comme ça. Il apparait et disparait à sa guise, sans avertir, même qu'une fois il m'avait surpri à lire, ce vieux zarbi. C'est la seule fois où je l'ai vu s'énerver:
-Hugo? Vous savez lire? Qui vous a appris? Quand? Où?
-Hé du calme, mon vieux! Bien sur que je sais lire, depuis que j'ai cinq ans, d'ailleurs. Et c'est ma soeur qui m'a apprit.
Comme à chaque fois que je pense à ma soeur, mon coeur de brise en mille morceaux. Je ne doit plus penser à elle. Jamais plus.
-Alors, ça, c'est extraordinaire!
Et l'Ombre m'a sourit, puis il a disparu, me laissant seul encore une fois avec Bernie, une planète morte et un vieux livre d'un certain Lewis Carrol sur les genous.
Je sais lire, mais bon, ce n'est pas par manque de volonté, c'est plus par manque de livres que je ne lit pas souvent. En fait, c'est assez exeptionel. Lorsque j'en trouve un, ou bien Bernie en lance un en l'air (c'est ça façon de fouiller le sol: il se penche, ramasse l'objet, et le lance derrière lui sans même lui accorder une seconde. Déséspéré, vous avez dit? Je dirais plus complètement timbré.) je fais de mon mieux pour le rafistoler et là, sous le soleil brûlant, je lis à voix haute, je lis jusqu'à ce que mes cordes vocales n'en puissent plus. J'aime entendre le son de ma voix. Ça meuble le silence.
Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai pas fini de me présenter. Pour ces demoiselles interessée, j'ai environ 23 ans. Je ne sais pas exactement, mais bon, je ne me sens pas plus vieux. J'ai des cheveux blonds toujours en désordre faute de peigne. J'ai le vague souvenir d'une brosse, mais je ne pourrais pas vous dire d'où il vient. Par contre, mes cheveux sont d'une longueur acceptable: j'ai tout de même réussi à trouver une paire de ciseaux, je ne suis pas empoté ou aveugle, quand même. Je me rase tous les trois jours, j'ai des yeux bleus comme le ciel et pas une carrie. Un miracle qu'un si beau garçon aie survécu? Moi j'apelle cela la sélection naturelle. Mais ce n'est qu'une théorie.
Voilà quelques jours, j'ai trouvé une liasse de papier presque intacte et un stylo préhistorique. J'ai remercié mes seuls dieux véritables: les Beatles, (enfin bref), et je me suis longtemps demandé sur quoi écrire, jusqu'à ce que l'Ombre vienne, le lendemain, c'est-à-dire hier, me foutre les jetons en me lançant cette phrase sans queue ni tête avec une mine d'enterrement:
-Tu es le dernier.
-Le dernier de quoi?
-Le dernier. Le Seul et l'Unique.
Et puis, il s'est volatilisé, comme à son habitude. Alors, c'est là que l'idée m'est venue que je devais peut-être laisser ma trace, si je devais quitter cette maudite planète sur laquelle se cache mon salut.
Cinq ans. Depuis cinq longues années j'erre en quête de la pièce manquante à mon échappatoire. Cinq ans que je me tape l'album des Cocinelles en rafale avec Bernie, trois and que l'Ombre viens me rendre visite tous les deux, trois jours. Cinq ans que je me démène pour trouver une petite, minuscule bougie d'allumage de vaisseau de modèle NCI-17010-E, un vieux comme on en fait plus de nos jours. Pour que je puisse enfin partir. Voir ailleurs si j'y suis. Voir le monde, chercher des gens comme moi, pas comme Bernie, pas couleur bronze et or, non, un être de chair et de sang. Peut-être même que je rencontrerai un extra-machin, j'ai jamais réussi à l'écrire correctement, ce mot-là. Enfin, bon, je divague un peu.
Après tout, ne suis-je pas sensé être le dernier?
Je me nourris de ce que je trouve dans des antiques frigidaires de l'armée. Bon, c'est sur, un peu de lait frais m'aurait bien tenté, mais il faudra que je me contente de conserves, de conserves et… de conserves. Ces putains de conserves… J'en peux plus. Ce que je donnerais pour avoir un bon steak juteux, oh! Mieux vaux que je ne m'attarde pas à cette image. Je n'ai pas vu l'ombre d'une vache depuis que j'ai huit ans, et encore, c'était au zoo.
Au zoo. Alors, là, ça c'est vraiment loin.
-YOU ALL EVERYBODY! YOU ALL EVERYBODY! ACTING LIKE THIS STUPID PEOPLE…
-Bernie. Mozart. Ou bien ferme-la.
-AVEC PLAISIR, HUGO.
Et le voilà qu'il ouvre la bouche et un son antique de piano remplit l'air étouffant. Je ferme les yeux et je me laisse emporter. Ce que j'aimerais jouer de cet instrument. C'est, de mon humble avis, le plus beau son de tout l'Univers.
Bon, voilà que je deviens mélancolique. Réveille-toi un peu, Hugo! Aujourd'hui, moi et Bernie on finit le secteur 423. Et on s'attaque au secteur 424 demain.
Il faut vraiment que je trouve cette bougie d'allumage. Si je n'en trouve pas, après cinq ans et des monceaux de milliers d'objets hétéroclites, je crois que je demande à Bernie de m'achever. Comme ça, il pourra chanter du DriveShaft comme il lui plaira sans que je me plaigne. De toute façon, ce n'est pas les armes qui manquent, ici. Je peux vous dire que la brocheuse est de loin l'arme la plus inofensive. Enfin bref. Je suppose que d'être tué à coup de brocheuse ne doit pas être très agréable.
De toute façon, je ne suis pas sur que Bernie m'écouterait. Déjà que je l'apelle Bernie, et que son vrai nom est en fait un numéro de série, que je n'arrête pas de lui faire changer de chanson et que je lui ait cassé le volume, je ne crois pas qu'il me considère comme son meilleur ami. Oh, et puis merde. Je vais lui demander.
-Bernie?
Le Mozart s'arrête, les objets retombent au sol. Il se retourne vers moi, lentement.
-OUI, HUGO?
-Si je te demande de me tuer, le ferais tu?
-NON.
Alors, ça, c'est la meilleure.
-Pourquoi? Il me semble que je ne suis pas le plus gentil avec toi et que tu mérite mieux.
-J'AI L'INTERDICTION DE VOUS TUER, HUGO. JE DOIS VOUS GARDER EN VIE. L'OMBRE ME L'A DEMANDÉ.
-Pardon? L'Ombre… Attends, pourquoi il te demanderait une chose pareille?
-PARCE QUE VOUS ÊTES LE DERNIER.
Encore cette foutue phrase! Mais de quoi parlent-ils tous?
-Le dernier de quoi, Bernie?
-LE DERNIER.
Et puis c'était tout. Le robot se retourna et entama une vielle chanson qui parlait d'un pont au dessus d'eaux troubles.
Eh bien. Je ne suis pas sortit de l'auberge à ce que je vois.
&&&
J'ai cru tomber dans les pommes.
Bernie a lancé quelque chose de petit et de brillant sans y faire attention, un peu plus tôt dans la journée. Moi, de mon côté, je venais de jeter au loin un vieux pneu lorsque son éclat au soleil a attiré mon attention. Je me suis penché, puis j'ai ramassé l'objet. Et j'ai carrément tourné de l'oeil.
Une bougie. Une bougie d'allumage.
Eh bien merde alors.
-BERNIE! BERNIE TU L'AS TROUVÉ! TU L'AS TROUVÉ ESPÈCE D'ENFOIRÉ!
Et je me suis mis à rire à gorge déployée. J'ai cru ne jamais m'arrêter. Et c'est à ce moment là que l'Ombre a débarqué:
-Hugo? Pourquoi riez-vous?
-Je l'ai trouvé, bordel de merde, j'ai trouvé cette putain de bougie d'allumage!
Et j'ai alors fait quelque chose que je n'avait jamais fait: j'ai pris l'Ombre dans mes bras.
Il faut que vous sachiez une chose: si il y a bien une chose de prédéféni avec l'Ombre, c'est une règle très simple: on ne le touche pas. La première fois qu'il m'est apparu, je peux vous dire que j'ai sauté en l'air de surprise et failli faire une crise cardiaque. Mais il s'est présenté, tout calme, son manteau noir flottant autour de lui, sa longue silhouette ne finissant plus, un vieux chapeau élimé sur sa tête d'où une crinière plus noire qu'un corbeau lors d'une nuit sans lune dépassait, ses yeux aussi noirs que ses cheveux, des dents parfaites, un sourire à vous ficher la trouille. Je me suis donc avancé pour lui serrer la main. Il m'a regardé comme si j'étais le dernier des imbéciles. J'ai retiré ma main et je lui ait demandé qui il était exactement, et le voilà qui me répond:
-Je ne suis pas vraiment humain. Je suis ce que je suis. Une chose est sûre, c'est que je suis ton ami.
Et une chance que c'est mon ami. Ce gars-là aurait pu passer sur sa grand-mère avec un train qu'il n'aurait pas sourcillé. Enfin bref.
Aussitôt que je me rends compte de ce que je viens de faire, je le relâche en vitesse, rouge comme une pivoine (même si je n'ai aucune idée à quoi une pivoine peut avoir l'air), essouflé, tandis que Bernie continuait de lancer des objets en l'air, fredonnant un air qui me rapellait un vieux film western. L'Ombre me regarde d'un regard indéfini. Puis, (et j'ai cru tourner de l'oeil encore une fois) il s'avança et me rend mon étreinte en une grande embrassade virile et tout et tout.
Ça, c'était toute une journée.
-Ça veux dire qu'il ne te reste plus beaucoup de temps.
-Beaucoup de temps pour faire quoi?
Il relâche son étreinte et me regarde droit dans les yeux:
-Tu verras, Hugo, tu verras.
Et le voilà qui disparait.
J'ai cligné des yeux, incrédule.
-Bernie?
-NON, VOUS N'AVEZ PAS RÊVÉ, HUGO. L'OMBRE VOUS A BEL ET BIEN PRIS DANS SES BRAS.
-Merci.
&&&
Bon, c'est pas tout ça, mais maintenant que j'ai la bougie d'allumage en main, il faudrait peut-être que je l'accorche sur le vaisseau, n'est-ce pas? Le fait est que c'est un peu plus ocmpliqué que ça en a l'air. Oui oui, même pour Hugo. Et puis, Bernie n'y connait rien en méchanique. Les seules personnes à qui je ferais confiance là dessus, c'est mon père et ma soeur.
Ma soeur. Merde, j'y ai encore pensé.
Après tout, il vaux peut-être mieux que j'en parle, ou plutôt, que j'écrive tout ça, avant d'imploser.
Ma soeur s'apellait Wendy.
Elle avait les cheveux bruns, les yeux bleus comme les miens et un rire aussi limpide que du cristal.
Et elle est Partie. Par ma faute. Elle est Partie pour me sauver.
Je devais avoir quelque chose comme 15 ans. Et c'était mon tour. Mais elle est partie à ma place, elle s'est engagée à ma place.
Wendy était partie. C'était le dernier membre de la famille qui me restait.
Elle est morte, écrasée par le dernier nuage.
&&&
Non, finalement, ça ne m'aide pas de mettre tout ça sur papier. Tout ça va devenir illisible si je continue. Je vais aller me taper une conserve de pêches, et après je vais demander à Bernie de me jouer cette chanson qui parle de la gloire du matin. Après... Après je ne sais pas. L'Ombre va peut-être passer me voir aujourd'hui, qui sait? Ce serait bien qu'il me ramène un livre. Celui que je suis en train de lire est particulièrement redondant.
La Bible, que ça s'apelle.
Enfin. L'écrivain ne devait pas être trop inspiré.
Tous les goûts sont dans la nature, comme on dit.
Quique ce "on" pourrait être.
Bref.
